Article dans Paris-Normandie du 17 juin 2016

Paris-NormandieArticle de Sophie BOGATAY dans le Paris-Normandie du 17 juin 2016 sur l’association Parsort :

S’il y a bien une expression bannie de leur vocabulaire, c’est cet horrible « ça ne marchera jamais ! » Au sein d’une association (Parsort) créée en mars dernier, Guy Lamoureux et Edouard Soutoul lancent un test de représentation citoyenne innovante : le tirage au sort. « Le meilleur moyen de voir si ça marche c’est de faire l’essai », répliquent ces deux retraités qui se veulent pragmatiques.
« Notre association ne se réclame d’aucun parti politique, mais veut promouvoir la démocratie participative. On sent bien aujourd’hui beaucoup de défiance. Comment redonner goût à la politique à ceux que l’on entend jamais et à tous ceux qui sont si nombreux à s’indigner. Nous ne remettons pas tout en cause mais disons seulement que l’élection n’est pas le seul moyen de représentation dans un système démocratique et qu’y mettre une petite dose de tirage au sort est intéressante pour revivifier », expose Guy Lamoureux, président.
À l’échelle d’un quartier
Dans le cas de Mont-Saint-Aignan, qui n’a pas l’obligation de mettre en place des conseils de quartier (la loi ne les impose que pour les villes de plus de 80 000 habitants), la municipalité a mis en place à l’été 2015 des cercles de proximité, une structure légère de dialogue.
« Nous avions proposé l’idée à l’équipe municipale mais les élus ont trouvé ça trop compliqué. » Ou alors n’y ont pas cru.
Parsort tente donc l’expérience à l’échelle d’un quartier.
Seulement donner sa chance au hasard, est un travail de titan.
« Nous avons défini un périmètre englobant le Village et les Coquets, soit 4 002 personnes inscrites sur les listes électorales récupérées en préfecture. Ensuite nous avons organisé fin mai un tirage au sort de 200 personnes qui ont été contactées individuellement par courrier. Nous leur avons expliqué qu’ils avaient la possibilité, s’ils étaient volontaires, d’être membre de ce conseil de proximité expérimental. »
L’objectif est de réunir une vingtaine de volontaires formant un groupe pour trois ans.
« Nous avons rédigé une charte de fonctionnement pour ce conseil de proximité qui produira des avis ou propositions ayant des actions concrètes sur le cadre de vie, la mise en place de nouveaux équipements publics, les transports, le développement écologique, les solidarités. » L’association se fera le relais de ces propositions aux instances légales. Dans le quartier, les sujets ne manquent pas comme l’avenir de l’As des Coquets abritant une dizaine d’associations et qui va être mis en vente.
La première réunion pourrait être organisée à la mi-septembre. Mais pour cela il faut que le nombre de volontaires soit atteint. Et ce samedi 18 juin est la date limite des tirés au sort pour faire connaître leur décision.